Exposition, illuminations de Noël, défilé, hommage aux mineurs, spectacle musical et spectacle de drones : le vendredi 4 décembre, Liévin célèbre la Sainte-Barbe, de l’Hôtel de Ville jusqu’au site de Saint-Amé. Une soirée gratuite et ouverte à tous, organisée et financée par la Ville.
Le 4 décembre, Liévin rallume la lumière des mineurs
À Liévin, le 4 décembre n’est pas un jour comme les autres. Pendant plus d’un siècle, la Sainte-Barbe a été la fête des mineurs et de leurs familles. C’était aussi le jour où l’on pensait à ceux qui n’étaient pas remontés. Ici plus qu’ailleurs, cette date reste liée au souvenir de la fosse Saint-Amé et des 42 mineurs disparus en 1974.
Cette année, la Communauté d’agglomération de Lens-Liévin a choisi de déplacer la clôture des festivités de la Sainte-Barbe à Lens. La Ville de Liévin a décidé de maintenir la Sainte-Barbe à Saint-Amé, là où son histoire prend tout son sens. Elle en assure seule l’organisation et le financement, sur son budget municipal, pour offrir aux Liévinois une fête gratuite, au pied du chevalement classé monument historique.
Le programme de la soirée
17h, l’exposition « La lumière des mineurs »
Salle Lamendin, à l’Hôtel de Ville
La soirée commencera avec l’inauguration de l’exposition de l’association Sauvons la fosse 13 bis. Une première immersion dans le quotidien des mineurs avant de rejoindre le cortège.
18h, le lancement des illuminations de Noël
Devant l’Hôtel de Ville
Cascades dorées sur la tour, fenêtres aux couleurs de l’arc-en-ciel, arches de lumière : l’Hôtel de Ville se parera de ses plus beaux habits et donnera le coup d’envoi des fêtes de fin d’année dans la ville.
18h05, le grand défilé
Départ place de la Mairie
Les sapeurs-pompiers de la caserne de Liévin, les Gueules Noires, l’Harmonie, l’association Symphonie ouvrière des accordéonistes liévinois, l’Association du 27 décembre 1974, les enfants des écoles et un géant mineur ouvriront la marche. Des lampions seront distribués aux enfants. Le cortège traversera la ville et fera une halte au rond-point de la Sainte-Barbe, où Monsieur le Maire déposera une gerbe.
Vers 18h45, l’hommage au monument du 27 décembre
Devant le monument dédié aux 42 victimes de la catastrophe de 1974, la flamme du souvenir sera ravivée. Une gerbe sera déposée, puis le maire, Dany Paiva, prendra la parole. Pour ceux qui le souhaitent, l’abbé Éloi donnera ensuite une bénédiction à l’église Saint-Amé, avec la chorale La Liévinoise.
20h, le spectacle musical « Tout in haut de ch’terril »
Site de Saint-Amé
Direction un coron du Nord, au temps des mineurs. Sur scène, la troupe patoisante Parler, parlache et quatre musiciens (piano, accordéon, percussions et chant) feront revivre les chansons en patois du bassin minier, d’Edmond Tanière à Simon Colliez. Entre saynètes drôles et moments plus émouvants, avec planche à laver et scie musicale, le spectacle rendra hommage à Arthur Wéry, coauteur de la chanson qui lui donne son titre.
Le grand spectacle de drones
Site de Saint-Amé
Ce sera le clou de la soirée. Au-dessus du chevalement de Saint-Amé, des drones raconteront en musique et en lumière l’histoire minière de Liévin et rendront hommage aux sapeurs-pompiers, dont sainte Barbe est aussi la patronne.
Le parcours de la soirée
Le défilé part de l’Hôtel de Ville et emprunte la rue Émile-Basly, la place Gambetta, la rue Édouard-Vaillant, la rue Fénelon, l’avenue Jean-Jaurès et la rue du Moulinage, avant de traverser la CD58 pour rejoindre le site de Saint-Amé par la rue Louis-Daquin, jusqu’à l’église Saint-Amé.
Sur le site, un espace restauration et une zone réservée au public seront aménagés face à la scène des spectacles.
Infos pratiques
- Date : vendredi 4 décembre 2026
- Départ : dès 17h, Hôtel de Ville et salle Lamendin
- Arrivée : site de Saint-Amé, au pied du chevalement, spectacles à partir de 20h
- Tarif : gratuit et ouvert à tous
- Restauration : sur place, sur le site de Saint-Amé
D’où vient la Sainte-Barbe ?
Selon la légende, Barbe aurait vécu vers l’an 300, et son histoire est liée à la foudre. C’est pour cela qu’elle est devenue, au fil des siècles, la patronne de ceux qui travaillent avec le feu et les explosifs : les mineurs, les pompiers et les artificiers. Dans le bassin minier, on la fête chaque année le 4 décembre.
À Liévin, l’exploitation du charbon commence en 1858, avec la Compagnie des mines de Lens et la Société des houillères de Liévin. Au fond, le danger s’appelle le grisou, un gaz qui peut exploser à tout moment. La Sainte-Barbe est l’un des grands rendez-vous de l’année. Pendant les deux semaines qui la précèdent, les mineurs font les « longues coupes » : ils produisent davantage, ce qui leur permet de doubler leur paie. Dans les familles, on s’envoie des cartes de vœux illustrées d’un mineur et de fleurs, une habitude qui a duré jusque dans les années 1980.
Dans les années 1960 et 1970, des mineurs venus d’autres pays rejoignent les fosses. La Sainte-Barbe devient alors surtout un moment de solidarité entre les gars de la mine, et un jour d’hommage aux victimes du grisou.
Le 27 décembre 1974, à 6h19, un coup de grisou ravage la fosse n° 3, dite Saint-Amé, à 710 mètres sous terre. 42 mineurs y perdent la vie. C’est la dernière grande catastrophe minière du Nord-Pas-de-Calais. À Liévin, l’horloge de l’église Saint-Amé est restée arrêtée depuis.
En chiffres
- 1858
début de l’exploitation du charbon à Liévin
- 6h19
le 27 décembre 1974, coup de grisou à la fosse 3
- 710 m
de profondeur
- 42
mineurs disparus